L'un des sentiments les plus désagréables qu'un auteur puisse ressentir vis-à-vis d'un éditeur c'est celui que ce dernier le mène en bateau.

La relation auteur-éditeur peut être plus ou moins intense, plus ou moins amicale, plus ou moins fusionnelle ou plus ou moins conflictuelle mais elle se doit avant toute chose d'être, sur le plan professionnel, une relation de confiance. Pour une raison simple : le mode de rémunération de base de l'auteur ce n'est pas le salaire ni le cachet, c'est le droit d'auteur. Et le droit d'auteur c'est un pourcentage sur les ventes des oeuvres de l'auteur établi sur la foi d'un relevé fourni à l'auteur par... son éditeur.

L'une des maisons d'éditions avec lesquelles je travaille est contractuellement tenue de me délivrer un tel relevé à la fin de chaque semestre et le paiement des droits afférents doit intervenir dans les 90 jours qui suivent la fin de l'année. Ca fait maintenant plus d'un an que je n'ai pas reçu de relevé (et, à ma connaissance, les autres auteurs travaillant avec cet éditeur non plus). Et ce n'est pas faute d'en avoir réclamé : depuis juillet 2007, j'ai dû envoyer une dizaine de mails et j'en ai reçu quelques uns en retour qui disaient en gros : "c'est pas de notre faute, c'est parce qu'on change de logiciel et que l'informaticien prend son temps". Notez que le retard sur l'envoi des relevés 2006 était déjà imputé à ce changement de logiciel...

La dernière réponse que j'ai reçue disait : "On espère pouvoir finaliser tout ça d'ici une semaine/une semaine et demie." Elle date d'il y a... près de trois mois. Depuis, plus rien. J'ai relancé deux fois mais en pure perte. Peut-être que le fameux logiciel défaillant intègre aussi la gestion des mails... Je sens donc qu'il va falloir que je me fende d'un recommandé pour être sûr que mes réclamations arrivent à bon port.

Mais la question que je me pose maintenant ce n'est plus "quand vais-je recevoir ce fameux relevé (et le paiement de mes droits) ?" mais plutôt : "incompétence, malveillance ou foutage de gueule ?".